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Les personnes exclues

Selon l'étude du RESEAU FINANCEMENT ALTERNATIF, l'exclu bancaire a des revenus faibles (son ménage a moins de 619,73 € par mois pour vivre dans 45 % des cas et moins de 867,64 € dans 85 % des cas), il est peu scolarisé (34 % n'ont pas de diplôme et 36 % ont le seul diplôme primaire, seuls 30 % ont au moins le diplôme secondaire inférieur), il appartient à la population en âge d'être active et en particulier, à la tranche la plus jeune de celle-ci (61 % ont entre 20 et 40 ans et 30 % entre 40 et 60 ans) et il est le plus souvent minimexé (50 %) ou chômeur (26 %).

En ce qui concerne le statut socio-professionnel des personnes concernées, on relèvera également une proportion non négligeable de handicapés (6 %), de pensionnés (7 %) et même de travailleurs (11 %).

La population victime d'exclusion bancaire comporte une légère sur-représentation des hommes (55 %) par rapport aux femmes, mais elle ne paraît pas particulièrement significative.

Il en va autrement de celle qui concerne les personnes de nationalité étrangère (53 % contre 47 % de Belges) ; cette forte proportion peut s'expliquer par un niveau social globalement moins favorable, par des problèmes spécifiques à certaines catégories d'étrangers, voire par des préjugés défavorables.

En ce qui concerne les revenus, s'il est clair que l'exclusion bancaire concerne au premier chef les bas revenus, on notera néanmoins que 15 % des personnes concernées vivent au sein d'un ménage qui dispose d'un revenu mensuel supérieur à 867,64 €, dont 4 % au sein d'un ménage dont le revenu est supérieur à 1.115,52 €. Cette circonstance peut être rapprochée du fait que, pour une majorité des personnes qui en sont les victimes, l'exclusion bancaire s'explique souvent ou toujours par un compte trop longtemps en négatif ou par l'existence d'autres dettes, situations qui sont souvent mais pas nécessairement liées à des bas revenus.

Les banques

Les banques, soucieuses d'efficience et de rentabilité, restreignent leur offre de services bancaires de base, principalement en fonction des conditions de revenus des personnes concernées Elles ne respectent ainsi pas les engagements qu'elles ont pris en signant la charte de l'A.B.B. :

  • La charte n'a pas empêché l'émergence de situations d'exclusion bancaire.
  • Elle n'en a que rarement permis la résolution dans le respect des principes qu'elle défend. D'abord, seules 70 % des situations d'exclusion sont résolues. Ensuite, cette résolution ne se fait que rarement dans le respect de la charte par laquelle toutes les banques se sont engagées à assumer un service de base et en application de laquelle un banquier ne peut dès lors dévier ses demandes vers une autre institution. Or, pour résoudre leurs difficultés, seuls 22 % des personnes concernées ouvrent ou maintiennent un compte auprès de la banque où il y a eu une difficulté tandis que 78 % ouvrent un compte auprès d'une autre banque.
  • Enfin le contrôle de l'application de cette charte par l'ombudsman de l'A.B.B. s'est quant à lui révélé marginal. C'est ainsi que durant le second semestre 2000, il a traité 4 cas d'exclusion bancaire contre 3.624 pour les C.P.A.S. et autres services sociaux du pays durant toute l'année.

Il en résulte que la tentative d'autorégulation du secteur bancaire que constitue cette charte est un échec.

Les pouvoirs publics

Compte tenu de l'échec de la tentative d'autorégulation du secteur bancaire, les pouvoirs publics ont décidé d'intervenir pour résoudre le problème de l'exclusion bancaire. Voir à ce sujet INITIATIVES.

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