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Incitants fiscaux
Un
des moyens pour le législateur d'encourager l'investissement socialement
responsable est de prévoir un avantage fiscal pour ceux qui se décident
à investir de façon éthique et/ou solidaire.
De tels stimulants fiscaux existent dans certains pays voisins :
- Au Royaume Uni, Le Finance Act 2002 a instauré un avantage
fiscal, la " Community Investment Tax Relief " (CITR),
qui vise à encourager l’investissement communautaire
privé. La CITR est une réduction d’impôt
accordée aux citoyens à concurrence de 5 % du montant
de leur investissement dans une Community Development Finance Institution
(CDFI) agréée, et ce chaque année pour une période
de cinq ans.
Cette mesure, prise en faveur du développement local, vise à encourager
les investissements privés dans les organisations, à but
lucratif ou non, au sein des communautés défavorisées.
- aux Pays-Bas, pour ceux qui investissent dans les " groenfondsen
", c'est-à-dire des fonds qui financent des projets relevant de secteurs
économiques favorisant le développement durable,
- en France, pour ceux qui investissent directement au capital
d'entreprises solidaires, dans le capital d'institutions financières
solidaires agréées ou encore dans des fonds communs de placements
d'entreprises solidaires (FCPES) dont 5 à 10 % sont affectés à des
entreprises solidaires, y compris des sociétés de capital risque ou
de finance solidaire.
Il n'existe encore rien de tel en Belgique, même si des propositions
sont formulées en ce sens :
- Le 18 janvier 2002, le conseil des ministres a approuvé la note
de priorités économiques et sociales 2002 - 2003, qui prévoit en son
point 19 "la création d'avantages fiscaux pour des placements éthiques,
pour des investissements dans des entreprises favorisant le développement
durable ainsi que pour l'épargne sur des comptes et des fonds d'investissement
favorisant également le développement durable".
- Le 23 janvier 2002, AGALEV a formulé une proposition
pour le financement de projets de développement durable et d'investissements
éthiques.
L'idée des écologistes néerlandophones est double. D'une part,
de prévoir l'attribution d'un label de développement durable
à toute personne morale qui respecte certains critères, y compris
les grandes entreprises de l'économie lucrative -objectif de normalisation
et de transparence. D'autre part, de faire bénéficier d'un avantage
fiscal l'épargnant qui prête de l'argent ou investit dans les
structures labellisées qui en outre ne redistribuent pas, ou de manière
strictement limitée, leurs bénéfices (associations sans but lucratif
et sociétés à finalité sociale) - objectif complémentaire de compensation
au moins partielle de la rentabilité moindre d'un investissement ou
d'un prêt à destination de l'économie solidaire. Cet avantage
fiscal se traduirait par une déductibilité à l'impôt des personnes
physiques de 5 % des montants investis.
- Le 3 juin 2002, le secrétaire d'Etat à l'énergie et au développement
durable a déposé au Conseil des Ministres une note
relative à l'encouragement des placements et fonds d'investissements
éthiques. Elle reprend l'idée
de la reconnaissance d'un statut "éthique" à toute entreprise, quelle
qu'elle soit, qui répond à un certain nombre de critères et fait également
de cette reconnaissance une condition nécessaire mais pas suffisante
pour ouvrir le droit à un avantage fiscal dans le chef de l'épargnant
qui décide de consentir un prêt ou un investissement à cette société.
Par contre cet avantage s'appliquerait au travers du mécanisme de
l'épargne-pension: des avantages fiscaux différents seraient
accordés selon que l'investissement est consenti à une entreprise
non cotée à statut "éthique" ou à une association sans but lucratif,
une société à finalité sociale ou un établissement d'utilité publique
à statut "éthique".
- La proposition de loi du 17 mars 2004 relative aux opérations
financières et aux marchés financiers, visant à créer
une nouvelle catégorie d'organismes de placement collectif
(OPC), dénommée Pricaf solidaire, et portant des dispositions
fiscales diverses, prévoit un incitant fiscal. En effet, les
investisseurs bénéficieront d'une réduction
d'impôt immédiate égale à 5% des sommes
versées pour une période d'au moins 5 ans (soit un
avantage fiscal équivalent à 1 % par an). La réduction
d'impôt ne peut excéder 210 euros (actuellement 250
euros avec l'indexation) par période imposable. Chaque conjoint
a droit à la réduction si les obligations sont émises à son
nom propre.
- Dans leur Mémorandum des placements éthiques & solidaires,
les institutions belges de finance solidaire estiment que le même
avantage fiscal devrait en outre être offert aux particuliers
qui utilisent les outils traditionnels de financement de l'économie
sociale et durable que sont :
Les prises de participation directes
dans les entreprises considérées
comme relevant de l'économie sociale et durable au sens
de la loi-programme du 8 avril 2003, à la condition qu'elles
soient constituées sous la forme d'une société à finalité sociale
ou d'une société coopérative agréée
par le Conseil national de la coopération.
Les obligations émises par les sociétés
commerciales et associations sans but lucratif considérées
comme relevant de l'économie sociale et durable au sens
de la loi-programme précitée, à la condition
qu'elles ne soient pas rémunérées par un intérêt
supérieur au taux des obligations linéaires (OLO) à cinq
ans publié sept jours avant la date d’émission.
Les emprunts accordés à ces mêmes
sociétés commerciales et associations sans but lucratif, à la
condition qu'ils ne soient pas rémunérés par
un intérêt supérieur au taux des obligations
linéaires (OLO) à cinq ans publié sept jours
avant la date d’émission.
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